8 Novembre 2009 : Entretien avec... Alberto Rivera : « L'OM ? Quatre mois d'une expérience magnifique »

On ne débute pas en Liga à dix-sept ans, qui plus est sous la tunique du Real Madrid, sans avoir un talent particulier. Alberto Rivera (31 ans) est un prodige précoce. Plus jeune buteur de l’histoire de la Casa Blanca en championnat, le natif de Puertollano n’est pourtant jamais parvenu à s’imposer à Santiago Bernabeu. Ses prêts successifs à Numancia (1999/2000) et à Marseille (2002), où il laissera de très bons souvenirs, lui feront comprendre qu’il lui faut reculer d’un cran s’il veut faire carrière. C’est à Levante qu’il prend enfin conscience de ses qualités. Le désormais milieu relayeur remonte avec le club en Liga, où il s’impose comme une valeur sûre (2002-2005). Après un passage mitigé au Bétis (2005-2009), il fait aujourd’hui le bonheur de l’équipe révélation de ce début de saison en Espagne, le Sporting Gijón. Pour FootMercato, Alberto Rivera est revenu sur sa brillante carrière, ses expériences au Real et à Marseille et ses ambitions.

FootMercato : Tout d’abord, comment allez-vous ?

Alberto Rivera : Bien, très bien merci. Je suis à Gijón depuis quatre mois maintenant et tout se passe vraiment bien

FM : Félicitations pour votre bon début de saison. Comment expliquez-vous les belles performances du Sporting Gijón cette cette saison alors que l’an passé le club s’est maintenu de justesse en Liga ?

AR : Les joueurs qui étaient là ont un an d’expérience en plus. Ceux qui sont arrivés cet été ont parfaitement été accueillis et s’adaptent à merveille. Tout nous réussit, nous avons des résultats et la mayonnaise prend. On n’aurait pas pu rêver mieux.

FM : Quels sont les objectifs du club cette saison ? Et les vôtres ?

AR : Le club doit aller doucement. Notre objectif est bien entendu le maintien. Nous voulons l’obtenir le plus tôt possible sans trop souffrir lors des dernières journées. Si jamais ça arrive vite, on verra ensuite ce qu’on peut viser. Au niveau personnel, j’entends suivre la ligne du club. Aider le club à atteindre le maintien le plus vite possible. Et à partir de là, m’améliorer, mais surtout tout donner pour l’équipe

FM : Pouvez-vous nous dire deux mots sur vos coéquipiers Miguel de las Cuevas et Grégory Arnolin, deux joueurs fondamentaux de votre système ?

AR : Nous sommes arrivés ensemble lors du mercato estival. De las Cuevas est un jeune avec une énorme marge de progression, avec énormément de qualités, à tel point qu’il peut faire basculer le cours d’un match à lui tout seul. Grégory est le pilier de notre défense, il sait se faire respecter. Il est très important pour nous, tant dans notre stratégie défensive que défensive. Il nous fait beaucoup de bien.




Sa nouvelle vie à Gijón et ses débuts au Real

FM : Qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre le Sporting Gijón lors du mercato estival ?

AR : J’étais en fin de contrat avec le Bétis. Et l’entraîneur du Sporting (ndlr : Manuel Preciado) m’avait déjà parlé la saison dernière. Nous avons eu diverses discussions. Tout le club a montré beaucoup d’intérêt et a fait beaucoup d’efforts pour me faire venir. Et devant tant de démonstrations d’affection, je ne pouvais pas refuser cette offre.

FM : Avez-vous eu d’autres offres ?

AR : Si, j’ai eu d’autres options. Quand tu es en fin de contrat, tu as toujours beaucoup d’opportunités ! L’envie qu’a montrée le Sporting de me recruter m’a réellement convaincu.

FM : Parlons un peu de votre parcours. Vous avez fait vos débuts en professionnel très jeune au Real Madrid, en marquant qui plus est ! Mais, le club ne vous fera pas vraiment confiance. Pourquoi selon vous ?

AR : J’étais jeune et le Real Madrid recrute ce qu’il se fait de mieux dans le monde. C’était donc difficile d’intégrer l’équipe première à l’époque. J’ai commencé très jeune, il me manquait quelques années d’expérience. Ensuite, comme je n’ai pas beaucoup, je doutais, mais j’ai beaucoup appris, beaucoup grandi et cela m’a permis de devenir le joueur que je suis aujourd’hui. Je suis toujours le Real. J’ai grandi là-bas c’est normal. J’ai quitté ma famille à 14 ans pour rejoindre Madrid et cela laisse des traces !

FM : Espérez-vous toujours avoir enfin votre chance chez l’un des grands d’Espagne ?

AR : Il ne faut jamais perdre espoir ! Mais les années passent et dans l’état actuel du football, les clubs préfèrent recruter plus facilement des jeunes. Je ne m’en fais pas, je me sens très bien ici à Gijón. J’ai encore pas mal de temps. Je vis au jour le jour, sans me prendre la tête. J’essaie de faire de mon mieux à chaque entraînement pour être le meilleur chaque dimanche.




L’OM et la Ligue 1, un épisode marquant

FM : Lors de votre prêt à Marseille, vous avez montré beaucoup de gestes de classe et vous avez même inscrit quelques buts. Une bonne expérience. Avez-vous pensé à rester en France ?

AR : J’y ai pensé. À ce moment précis, j’étais ouvert à toutes possibilités puisque j’étais en fin de contrat au Real Madrid. Mais c’était un peu trop compliqué.

FM : Quel est votre meilleur souvenir à l’OM ?

AR : Presque tout mon prêt ! Dès mon premier match au Vélodrome, le public m’a poussé. J’ai eu la chance de débuter en marquant. Je me souviens d’un but marqué contre Lille. J’ai passé quatre mois très bons à Marseille. C’était la première fois que je partais d’Espagne et cela a été une expérience magnifique. Ça m’a aussi permis de continuer à progresser en tant que joueur

FM : Êtes-vous toujours en contact avec vos anciens coéquipiers de l’époque ?

AR : Pas vraiment. J’ai eu quelques nouvelles d’Eduardo Tuzzio et de Fernandão par l’intermédiaire d’anciens joueurs qui les ont côtoyés et que j’ai connus ici en Espagne. C’est vrai qu’une fois que je suis parti de Marseille, je n’ai pas gardé énormément de contacts avec mes anciens partenaires.

FM : Pourriez-vous un jour revenir exercer en Ligue 1 ?

AR : On ne sait jamais. C’est un championnat qui n’a rien à envier aux autres. La L1 possède peut-être moins de noms ronflants que les autres, mais il y a tout de même de très bons joueurs. Des joueurs très forts et très talentueux qui jouent en France et partent à l’étranger après 2-3 ans. Chaque équipe a quelques joueurs ayant ces caractéristiques ce qui fait que le championnat est très serré et très compétitif. Par ailleurs, les stades sont presque toujours pleins. Je conseille vraiment à tous les joueurs d’évoluer en France, ne serait-ce que pour un an.




La sélection, Luis et le Bétis

FM : Après votre passage au Vélodrome, vous rentrez en Espagne. En fin de contrat avec le Real vous choisissez de vous engager avec Levante. Là-bas vous vous affirmez comme une valeur sûre de Liga. Vous êtes même convoqué en sélection, mais vous ne jouez pas. Rêvez-vous toujours d’intégrer un jour la Roja ?

AR : J’ai toujours un espoir de revêtir la tunique un jour. Le fait d’y avoir goûté, même si je n’ai pas joué, cela a été une expérience inoubliable. Si je me comporte bien en club, j’aurais peut-être des chances d’y aller un jour. Alors, je me concentre sur le Sporting, et à partir de là, on ne sait jamais ce qui peut arriver !

FM : Suivez-vous les résultats du Bétis Séville en Segunda División ?

AR : J’ai joué quatre ans là-bas, quatre ans magnifiques malgré la descente la saison dernière... Cela a été une étape marquante de ma carrière. J’ai laissé beaucoup de très bons amis à Séville. J’espère sincèrement qu’ils s’en sortiront et je souhaite qu’ils remontent dès cette saison en Liga.

FM : Quelle est votre opinion à propos de l’entraîneur Luis Fernandez que vous avez côtoyé en Andalousie ?

AR : C’est un entraîneur avec un parcours énorme derrière lui. Je pense qu’il n’a pas vraiment eu sa chance au Bétis Séville. Luis est un technicien qui a officié dans de nombreux clubs, il sait énormément de choses et je pense qu’il peut entraîner n’importe quelle équipe au monde avec succès.

FM : Que peut-on vous souhaiter pour la fin de la saison ?

AR : Le maintien ! Le maintien sans souffrir. Si d’autres belles choses arrivent, nous en profiterons !