8 Février 2009 : Entretien avec... Alexandre Raineau : « Je ne suis pas surpris par Ben Arfa »

Tout le monde connaît la chanson, “À la Clairefontaine”... destinée aux plus petits. En revanche, peu nombreux, hormis les puristes, connaissent le document du même nom réalisé par Canal + il y a quelques années de cela. Ce reportage s’est déroulé, comme son nom l’indique, à l’habituel centre d’entraînement des Bleus où différentes générations ont fait leurs classes par là-bas. Les journalistes de la chaîne cryptée avaient pour but de présenter les futures stars du ballon rond en France, parmi lesquels, Hatem Ben Arfa (OM), Abou Diaby (Arsenal) et Ricardo Faty (Nantes) notamment. Et au milieu de tous ces garnements ambitieux de rejoindre un club pro à la fin de leur formation... Alexandre Raineau. Comme la plupart de ses ex-coéquipiers à l’époque, le milieu de terrain a réalisé son rêve. Après un passage éclair à Libourne l’an passé, ce dernier entend bien continuer sa progression avec le Stade Malherbe de Caen. En dépit de la concurrence et de son inexpérience, FootMercato vous présente le parcours atypique d’un jeune joueur promis à un avenir radieux dès son plus jeune âge.

FootMercato : Il y a longtemps que les observateurs vous ont remarqué, pourtant il a fallu patienter pour vous voir enfin au plus haut niveau. Aujourd’hui, vous avez une vraie chance en Ligue 1, pensez-vous que tout commence maintenant ?

Alexandre Raineau : Je l’espère en tout cas. Mais si on regarde ma première partie de saison, ce n’est pas forcément le cas. Je n’ai participé qu’à 7 rencontres de championnat pour le moment et j’espère vraiment que la seconde partie de saison m’offrira un peu plus d’opportunités et que je pourrai enchaîner les prestations et véritablement me révéler en Ligue 1.

FM : La saison dernière, vous étiez sociétaire de Caen et le club a décidé de vous prêter à Libourne. Pensez-vous que cette solution vous a aguerri ?

A.R. : Le fait d’être prêté m’a donné encore plus confiance en moi et a commencé à m’apporter une idée du plus haut niveau même si ce n’était que la Ligue 2. Mais le fait d’enchaîner les matches est quelque chose de nécessaire pour un jeune joueur comme moi et cela m’a fait énormément de bien avant d’attaquer la nouvelle saison.



Un problème de communication

FM : Et dans cette équipe de Caen alors, comment vous sentez-vous ?

A.R. : Je me sens très bien ici. Je suis bien intégré et l’ambiance est excellente. Mais, il me manque seulement un peu de temps de jeu pour pouvoir être pleinement satisfait aujourd’hui.

FM : Vous êtes-vous déjà entretenu avec votre coach (Franck Dumas), pour essayer d’améliorer votre situation ?

A.R. : Non, nous n’avons pas trop évoqué ce sujet jusqu’à maintenant. À la base, je pars en qualité de remplaçant et je travaille tous les jours à l’entraînement en attendant de saisir ma chance, qu’on me donne enfin l’opportunité de jouer afin de démontrer ce que je sais faire.

FM : Quel genre de relations avez-vous avec l’entraîneur ?

A.R. : Il est très professionnel, il tire souvent des bilans concernant nos compétences. Mais c’est vrai qu’il n’y a pas cet échange qu’il pourrait y avoir avec d’autres coaches, mais il n’y a pas véritablement de discours avec le coach, donc parfois on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Mais, j’essaye de travailler pour que les choses avancent.



Des débuts difficiles

FM : Malgré votre famélique temps de jeu jusqu’à présent, que pensez-vous de votre début de saison ?

A.R. : Au début, tout s’est très bien passé. J’ai pris part aux trois premières rencontres et petit à petit, j’ai été relégué sur le banc. Mais c’est normal, car avant d’être une saison révélatrice pour moi, je dois m’adapter au championnat et à ses exigences. Maintenant, j’essaye de faire mon trou et j’espère pouvoir disputer quelques rencontres encore afin de postuler l’an prochain, pourquoi pas, à une place de titulaire.

FM : Par rapport à vos coéquipiers, à quel niveau vous sentez-vous ?

A.R. : Aujourd’hui, je ne me sens pas du tout inférieur à eux sauf qu’ils ont beaucoup plus d’expérience que moi à ce niveau. Maintenant, c’est le football et ce sera à moi de saisir les opportunités qui se présenteront à l’avenir. Ensuite, je m’appuie beaucoup sur les conseils de joueurs confirmés comme Benjamin Nivet et Grégory Proment qui ont eu une grosse carrière. Et ce sont forcément des joueurs de qui on s’inspire pour progresser.

FM : A la sortie de l’INF Clairefontaine, pourquoi avez-vous décidé de rejoindre Caen ?

A.R. : Ceci s’est surtout fait par rapport à un plan de carrière. Je me voyais plus dans un club qui offre des possibilités aux jeunes et c’est pourquoi j’ai atterri à Caen. Ici, j’ai senti que j’avais la possibilité de m’exprimer alors que si j’avais opté pour une écurie de L1, ça aurait été difficile par la suite. De toute façon, vu mon poste, je ne pense pas que j’aurais éclaté à 18 ans comme certains donc il me fallait un club plus en adéquation avec mes capacités.



Caen, un choix de carrière

FM : Vous parlez d’équipes de l’élite. Y en a-t-il eu quelques-unes qui ont lorgné sur vos qualités ?

A.R. : À la sortie de Clairefontaine, plusieurs clubs de L1 m’ont contacté, mais mon choix s’est vite porté sur Caen. J’ai mûrement réfléchi et j’ai opté pour une solution sportive plutôt que financière. Et le fait que Caen permette aux jeunes de s’exprimer a beaucoup pesé dans ma décision.

FM : Si votre situation demeure en l’état à la fin de la saison, qu’envisageriez-vous ? Un départ du SMC ou la poursuite de votre aventure sans aucun gage de sûreté ?

A.R. : C’est un peu tôt pour le dire, mais ma décision dépendra d’une discussion que j’aurai avec le coach et les dirigeants à l’avenir. J’étudierai dans ce cas-là les meilleures solutions qui s’offriront à moi, mais si rien ne change, un départ sera très envisageable. Mais tout cela se réglera en fin de saison.



Un probable départ en juin 2009 ?

FM : En parlant de départ, une autre formation de Ligue 1 ou de Ligue 2 vous a-t-elle contacté ?

A.R. : Pour le moment, il n’y a aucun contact avec personne. Je ne suis pas encore candidat au départ, mais comme je vous dis, j’en saurai plus dans les mois qui viennent.

FM : Justement, y aurait-il un club qui vous plaît particulièrement dans le championnat de France et que vous rêveriez d’intégrer ?

A.R. : Pas forcément. Bien sûr, quand on est jeune, on pense aux plus grands clubs, mais je ne pense pas encore avoir prouvé trop de choses pour prétendre à cela et intéresser certains d’entre eux. Le principal est de trouver du temps de jeu et de faire mes preuves.



Aucun souci pour Ben Arfa

FM : Petit retour en arrière désormais. Que gardez-vous comme souvenir de la période Clairefontaine ?

A.R. : Il y en a tellement donc il est très difficile d’en sortir un parmi tant d’autres. C’est surtout une très belle expérience à vivre que je referais sans hésiter.

FM : Gardez-vous des contacts avec certains autres pensionnaires ?

A.R. : Tous, non, mais on se croise sur les terrains. Avec certains, oui, nous avons plus d’affinités et on essaye de rester proches.

FM : Justement, par rapport à tous les autres, l’un d’entre eux est mis en avant, c’est Hatem Ben Arfa. Que pouvez-vous nous dire à son égard ?

A.R. : Je ne suis pas surpris de ce qui lui arrive, car quand on connaît bien le personnage, on sait que c’est quelqu’un qui a un très fort caractère et une très grosse personnalité. Mais on sait aussi qu’il a énormément de talent, même si sa situation à Marseille n’est pas la plus idéale. Mais je ne me fais pas de soucis pour lui, tout s’arrangera.

FM : On termine sur vous. Que peut-on vous souhaiter pour la suite du championnat ?

A.R. : Avant tout, on va penser au collectif et souhaiter que Caen se maintienne en Ligue 1 et pour moi, j’espère avoir ma chance et faire du mieux possible.