19 Avril 2009 : Entretien avec... David Ospina : « succéder à Lloris ne me fait pas peur »

Il n’a que 20 ans, mais figure déjà parmi les meilleurs espoirs de la Ligue 1 (en savoir plus). Arrivé à Nice cet été en provenance du Nacional (Colombie), David Ospina a réussi son pari. Succéder à Hugo Lloris. S’il n’est titulaire à part entière que depuis la moitié du championnat, le Sud-Américain a très vite su prendre la place du vétéran Lionel Letizi. Arrivé sur la pointe des pieds et désireux d’apprendre aux côtés de l’ancien Parisien, Ospina a depuis pris son envol. Recruté pur 2 M€ environ, il pourrait bien être, à l’image de son prédécesseur, une nouvelle pépite du Gym qui tout le monde s’arrachera dans les prochaines années. Entretien.



FootMercato : Pour commencer, comment se passe votre intégration à Nice ?

David Ospina : Très bien. Depuis que je suis arrivé au club, mes partenaires, mes dirigeants et même les supporters m’ont bien accueilli. C’est important parce que je pense que ça m’a permis de faire une bonne saison. Après en terme de communication sur le terrain, je comprends pas mal le français. Il ne me manque plus qu’à le parler. Mais pour ma relation avec mes coéquipiers on a des mots clés donc il n’y a aucun problème.

FM : Comment l’OGC Nice vous découvert en Colombie ?

DO : J’évoluais au Nacional et j’ai eu la chance de remporter deux titres nationaux avec cette équipe. Ensuite, nous nous sommes qualifiés pour la Copa Libertadores. Et c’est durant cette grande compétition que des recruteurs de Nice ont vu mes matches. Après ils se sont rendus en Colombie, enfin plus précisément Roger Ricort (le directeur sportif du Gym, NDLR), pour approfondir leurs observations et c’est à ce moment qu’ils ont fait savoir qu’ils me voulaient à Nice.



Nice plus convaincant que l’Italie

FM : Aviez-vous d’autres opportunités que la Ligue 1 pour venir jouer en Europe ?

DO : J’avais une piste en Italie. Beaucoup de rumeurs m’étaient d’ailleurs parvenues de là-bas, mais il n’y avait rien de concret. Après il y eut Nice et c’est le club qui me voulait le plus.

FM : Vous saviez que vous débarquiez à Nice pour succéder à Hugo Lloris ?

DO : Vous savez quand j’ai eu vent de l’intérêt des Aiglons, mon entourage a regardé la composition du groupe et bien sûr que l’on savait qu’un excellent gardien était parti à Lyon. Je pense que c’est une grande responsabilité. Hugo est un très bon gardien et il fait de grandes choses à Nice. Mais quand une telle opportunité se présente, il faut sauter dessus.



Un défi à relever

FM : Donc cela ne vous a pas spécialement effrayé ?

DO : C’est un challenge très intéressant d’arriver derrière un tel joueur, mais succéder à Lloris ne me fait pas peur. Et puis avec Lionel nous avons beaucoup travaillé ensemble. Il a été très important pour moi parce qu’il m’a énormément aidé pour m’intégrer et pour m’aider à relever ce défi. Quand je suis arrivé, les dirigeants ne m’ont, de toute façon, pas dit que j’allais être tout de suite le gardien nº 1. Ce n’est qu’après mes progrès et le fait que le coach m’ait donné ma chance en coupe de la Ligue (contre Boulogne, NDLR) que j’ai su m’imposer.

FM : Maintenant que vous connaissez un peu mieux la Ligue 1, quelles sont les différences entre le football français et le colombien ?

DO : Le foot français est un jeu vertical, technique et physique, alors qu’en Colombie on va plus doucement, mais si la technique est très présente aussi.

FM : Quels sont les principaux atouts de votre jeu ?

DO : Je me considère comme un gardien technique à l’aise dans sa surface. J’arrive à jouer des deux pieds et je suis assez rapide, et ça, c’est très important.

FM : Saviez-vous que vous aviez élu comme le gardien de l’équipe des jeunes espoirs de la L1 ?

DO : Non (rires). Vous me l’apprenez. Je suis fier et ça va me pousser à montrer ce que je vaux vraiment.



Un gardien qui rassure

FM : Si on devait vous comparer à Lloris, quels seraient vos points communs ?

DO : Hugo, je l’ai vu peu de fois, mais c’est un gardien qui rassure beaucoup son équipe de par sa présence. Je pense que c’est ce qui nous lie tous les deux.

FM : Quel gardien vous a donné envie de faire carrière ?

DO : J’ai commencé comme joueur de champ. Et lors d’un entraînement, il nous manquait un gardien. Je bien voulu dépanner et finalement je n’ai plus changé de poste. Après j’ai beaucoup observé des gardiens comme René Higuita, Farid Mandragon et Miguel Calero qui est très connu chez nous.

FM : Si vous êtes fan de Higuita, vous avez donc déjà tenté le coup du scorpion ?

DO : En match non (rires). Seulement à l’entraînement. Je pense que ce serait très difficile de le faire en match. Peut-être le jour où Nice gagnera largement, mais si je le rate ça sera compliqué pour moi après (rires).

FM : Dans un pays comme la Colombie où le contexte quotidien n’est pas toujours facile, comment est-ce qu’un joueur de football exerce son métier ?

DO : En fait, tout va dépendre de vos supporters. Certaines équipes en ont de très bons comme au Nacional et d’autres des plus agressifs. Et là ils vous mettent beaucoup de pression en vous demandant d’être champion tous les ans. Quand l’équipe est en difficulté, les supporters peuvent alors commencer à s’en prendre aux joueurs. Mais il faut savoir qu’en Colombie on vit ce sport avec énormément de passion.