13 Août 2007 : Giovani, le millésime 2007 du Barça

Vedettariat et formation, tels sont les ingrédients du succès imaginés par Johan Cruyff lors de sa prise de fonction en tant qu’entraîneur du FC Barcelone en 1989, année de naissance de Giovani Dos Santos, déjà un signe !
Dix huit ans plus tard, maître Cruyff s’en est allé, le temps est passé, beaucoup de choses ont changé, mais la recette du succès est restée la même. La cuvée 2006 du club blaugrana a permis l’éclosion de Lionel Messi, et Xavi Hernandez. 2007 sera également un bon millésime pour l’équipe première, et portera un nom à trois lettres GIO.

Aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre d’années. A seulement dix huit ans. L’ex “canterano” (jeune du centre de formation du club) Giovani Dos Santos est d’ores et déjà annoncé comme la future star du FC Barcelone. Fils de l’ancien joueur brésilien Gerardo Dos Santos, plus connu sous le nom de "Zizinho", "Gio" naît et grandit au Mexique où son père a effectué une partie de sa carrière. A l’âge de six ans déjà, il porte en permanence un ballon sous le bras, au cas où des copains surgiraient pour une partie. A Monterrey les terrains sont petits, poussiéreux, à la limite du praticable. Pourtant, c’est sur ces surfaces pelées que le gamin va peaufiner sa technique, avec un rêve secret venir jouer en Europe, et laver l’affront fait à son père, footballeur talentueux mais resté dans l’anonymat.

La cantera du FC Barcelone comme période d’apprentissage

Le destin du petit Gio va basculer à 13 ans. Il se rend avec son équipe mexicaine en Espagne pour participer à un tournoi de jeunes. Au cours de cette compétition quelconque comme il s’en déroule des centaines dans tous les pays européens chaque année, Gio fait sensation. Les recruteurs du FC Barcelone tombent sous le charme de ce petit attaquant de poche qui se distingue par une vitesse et une aisance technique rarissime à cet âge.

Le rêve prend forme. Le jeune footballeur et sa famille viennent s’installer en Catalogne pris en charge par le club. Malgré son jeune âge, il impressionne les observateurs par sa maturité et son alliage puissance et technique. Dans les équipes de jeunes du Barça, Gio ne tarde pas à mettre le feu et à affoler les statistiques. Son style de jeu provocateur et ses qualités athlétiques alimentent les gazettes catalanes, le parallèle est donc rapidement établi avec Ronaldinho. D’autant qu’une certaine ressemblance physique vient alimenter la comparaison entre les deux joueurs, à une différence près que, Ronaldinho est droitier, mesure 1m82 et pèse 76 kg, alors que Gio est gaucher, et fait 1m73 pour 62 kg.

Le profil de Giovani Dos Santos rappelle sans doute plus celui de son copain de la cantera avec lequel il partageait sa chambre : Lionel Messi. C’est le prodige argentin qui lui a donné des conseils en 2005, lorsqu’il s’est révélé au grand public à l’occasion du mondial des moins de 17 ans au Perou « Il a été vainqueur, meilleur buteur et meilleur joueur de la compétition, je ne pouvais pas ne pas lui demander quelques tuyaux. Il m’a donné plein de conseils. Il m’a surtout dit de me concentrer sur la réussite de l’équipe et de ne pas penser à mes performances personnelles. C’est formidable d’avoir près de soi des gens comme ça pour nous conseiller ». Gio transforma son équipe en machine à gagner jusqu’à la victoire, battant en finale son pays d’origine, le Brésil. Comme couronnement personnel, il fut sacré meilleur joueur du tournoi.

La révélation de la tournée du Barça en Asie

De retour de cette compétition, Gio est propulsé en équipe première. Il n’effectue qu’une seule apparition en 2006, mais indubitablement, la saison qui commence aura une toute autre saveur. En tout cas, les jalons sont jetés. Gio a ébloui de sa classe précoce la tournée du Barça en Asie. Trois matches, trois buts. Mais plus que cette réussite devant le but, ce qui satisfait le jeune joueur ce sont les éloges de ses propres coéquipiers. « Giovani est très jeune et il doit encore beaucoup apprendre. Mais je suis enchanté de la manière dont il joue et je suis sûr qu’il deviendra un très grand joueur », a déclaré Ronaldinho. Samuel Eto’o également sous le charme acquiesce « C’est très agréable de le voir jouer, il a un style particulier ». Excellent lorsqu’il faut dribbler aussi bien à l’arrêt qu’en pleine course, il aime également endosser le rôle du dernier passeur grâce à un sens de la mesure et à une intuition que seuls les grands champions possèdent.

Tous les observateurs s’accordent à dire que le Barça possède cette saison un “ fantastic quator” (Eto’o, Ronaldinho, Messi, Henry), l’objectif de Gio est de le transformer en “fantastic five” . Il ne fait aucun doute, le gamin de Monterrey aura son mot à dire !