23 Juillet 2008 : La Ligue 1, réservoir privilégié de la Liga

Réputée pour être très technique, la Liga espagnole est un championnat différent de la Premier League ou de la Ligue 1 qui se caractérisent davantage par un jeu plus physique, l’élite anglaise étant la référence en ce domaine. Les choses tendent pourtant à changer aujourd’hui. Depuis quelques années maintenant, beaucoup d´équipes ibériques recherchent des joueurs capables d’imposer leur puissance physique, surtout au niveau de l’entrejeu.



Claude Makelele, le précurseur

L’exemple de Claude Makelele est frappant. Joueur du Real Madrid jusqu’en 2004, le néo-Parisien avait impressionné par son activité défensive au sein d’une équipe où les tâches de ce type ne sont pas les plus respectées. Le départ de Make à Chelsea avait alors fait prendre conscience qu’un milieu tout-terrain était le rouage essentiel pour le bon fonctionnement d’une équipe.

Depuis, les formations espagnoles raffolent de ce genre de joueur et semblent avoir trouvé dans notre championnat, le réservoir idéal pour y faire leurs emplettes, avec une grande préférence pour les athlètes africains. En 2006, après être restés deux ans sans avoir remplacé Makelele, les Merengues ont recruté le Lyonnais Mahamadou Diarra. Infatigable milieu de l’OL, le Malien possède un profil digne de succéder à l’ancien Nantais. Résultat : Madrid redevient champion d’Espagne et bien que Djila Diarra peine souvent à supporter les vagues d’attaques adverses, l’équipe de Bernd Schuster a retrouvé de la consistance dans l’entrejeu.



Une tendance généralisée

L’année suivante, le FC Barcelone et le FC Séville font de même en engageant respectivement l’Ivoirien de Monaco, Yaya Touré et le Malien de Lens, Seydou Keita. Si le Barça n’a pas brillé en Liga, le frère cadet de Kolo Touré est immédiatement devenu un titulaire indiscutable. Puissant, technique et doté d’une lourde frappe lointaine, l’ex-Asémiste fait désormais partie des cadres des Blaugrana un an à peine après son arrivée. Même constat pour Seydou Keita.

Auteur d’une très grosse saison en 2006-2007 (37 matches, 11 buts), le joueur s’est lui aussi imposé dans l’effectif sévillan. Possédant un sens du but assez rare pour son poste, Keita n’a certes pas inscrit autant que lors de sa dernière année avec le RCL mais il a marqué les esprits à tel point que les doubles vainqueurs de la coupe UEFA 2006 et 2007 n’ont pas pu le retenir cet été. Hasard des choses, Keita a rejoint le Barça où il retrouvera Yaya Touré pour former une paire qui s’annonce complémentaire et autoritaire.

Pour remplacer l’ex-Artésien, Séville n’a pas changé d’un iota sa politique de recrutement et est revenu en France pour trouver son bonheur. Cette fois-ci il s’agit d’un autre Ivoirien, le Manceau N’Dri Romaric. Si le transfert du joueur a failli ne pas se faire, le club de Nervión a finalement obtenu gain de cause.



La Ligue 1, un réservoir inépuisable

Enfin, le Betis est venu lui aussi confirmer cette mode en s’attachant les services du Toulousain Achille Emana. Bien qu’il ait un profil plus offensif que les exemples cités ci-dessus, le Camerounais n’a rien à leur envier au niveau de l’envergure physique.

Véritable vivier de joueurs physiques doués techniquement, la Ligue 1 est bien partie pour être un des fournisseurs les plus réguliers des clubs de Liga qui peuvent réaliser de bonnes affaires à des prix abordables, notamment pour de grosses écuries comme le Real Madrid ou le Barça.