2 Août 2007 : Ligue 1 : Le Lyon a-t-il encore faim ?

Alors que de précieux cadres (Abidal, Malouda et Tiago) ont quitté notre chère Ligue 1 pour rejoindre d’autres cieux, l’Olympique Lyonnais a fait l’objet en ce début de mercato de bon nombre d’interrogations. En effet, le sextuple champion de France a laissé filé ses internationaux sans véritablement rassurer ses supporters sur la qualité de leurs successeurs. Néanmoins, le début de saison a entièrement donné raison au président Aulas, et l’arrivée comme entraîneur d’Alain Perrin, souvent décrié, aura eu pour effet de remporter deux trophées pour autant de tournois disputés (la Coupe de la Paix en Asie et le trophée des champions le week-end dernier).

Quels changements dans l’équipe lyonnaise ?

Niveau départs, comme il a été souligné, Abidal (Barcelone), Malouda (Chelsea) et Tiago (Juventus) sont les trois réelles amputations du système des champions de France. Ensuite, à une échelle moindre, Berthod (Monaco), Caçapa, et Bettiol (Troyes) viennent compléter la liste.

Avec d’importants bénéfices réalisés sur ces transferts, le président Aulas n’y est pas non plus allé de main morte dans le recrutement estival de son club : Keita (Lille) est même le plus gros transfert de l’histoire du club, devant Sonny Anderson, avec plus de 18 millions d’euros à la clé pour le LOSC. Son compère Bodmer a lui aussi fait le chemin du Nord. Belhadj, déjà Lyonnais depuis le mercato hivernal, est réellement arrivé après son prêt à Sedan, son ancien club. La plus grosse attraction (jusqu’à présent) sur les bords du Rhône aura sans doute été l’arrivée du champion du monde italien Fabio Grosso, en provenance de l’Inter Milan. Des noms pas forcément aussi huppés que ceux auxquels on s’attendait, tels Trézéguet (reconduit à la Juve) ou Reyes (parti à l’Atletico Madrid), mais qui par leur polyvalence dans le jeu peuvent vite faire oublier ceux qui sont partis.

L’autre gros changement se situe au niveau tactique, car l’arrivée d’un nouvel entraîneur (Alain Perrin), va transformer l’organisation lyonnaise. Le 4-3-3 habituel va certainement laisser place à un 4-4-2, « préféré » par Karim Benzema. Un milieu supplémentaire pourrait permettre à des joueurs en manque de temps de jeu la saison dernière d’éclore, on pense à Kim Källstrom, et surtout à Hatem Ben Arfa, le jeune prodige lyonnais. Reste à savoir si la solution à deux attaquants pourra se révéler stable, car, mis à part Milan Baros et Karim Benzema, l’OL ne dispose pas à l’heure actuelle des quatre attaquants souhaités par Alain Perrin. Fred devrait rentrer aujourd’hui du Brésil, mais il est toujours indisponible. Govou et Keita peuvent, éventuellement, évoluer à ce poste d’attaquant, même si, on le sait, ils se préfèrent sur les côtés.

Enfin, reste l’imbroglio Wiltord, longtemps annoncé à Rennes, finalement Lyonnais, mais pas forcément dans les plans de l’entraîneur.

Qui pour compléter l’attaque ?

Lyon étant comme chaque année engagé sur les quatre fronts que sont la Ligue 1, la Champions League et les deux coupes nationales, l’effectif se devra d’être pléthorique si l’envie de gagner des titres ne veut pas être amoindrie dès le début de la saison. Une fois Fred remis de sa blessure au pied, l’effectif présentera trois « vrais » attaquants, ce qui reste assez juste pour le nombre de matches à disputer dans l’année.

Même si Alain Perrin, s’est dit prêt à passer en 4-3-3 à l’issue de la rencontre face à Sochaux samedi dernier devant les caméras de France 2, nul doute que l’ancien coach sochalien aimerait enrôler un quatrième joueur à ce poste. Les pistes qui faisaient légion il y a quelques semaines se sont réduites comme peau de chagrin... Avec Trézéguet qui a préféré rester en Italie, Makaay qui est reparti au pays (Feyenoord Rotterdam), c’est désormais Juan Antonio Reyes qui vient de glisser entre les doigts de Jean-Michel Aulas, au profit de l’autre club phare de la capitale espagnole, l’Atletico (pour 12 millions d’euros environ).

Quelles pistes s’offrent encore aux Lyonnais ? Au niveau des attaquants « transférables », la liste n’est pas très longue, surtout dans le besoin qualitatif d’un grand d’Europe comme Lyon. Reste Antonio Cassano, laissé libre par le Real Madrid, dont le bon de sortie s’élèverait autour des six millions d’euros, mais qui ne semble pas intéresser outre mesure le club rhodanien. Une autre piste mène à Klaas Jan Huntelaar, l’international néerlandais, toujours sous contrat avec l’Ajax Amsterdam, mais apparemment désireux de poursuivre sa carrière dans un club plus ambitieux. A moins que le staff lyonnais, très pointu en Amérique du sud, ne fasse venir une nouvelle trouvaille, tels Nilmar, ou Fabio Santos plus récemment.

Quelles ambitions pour la saison à venir ?

Amoindris par les départs on l’a dit, les Lyonnais n’ont pourtant pas perdu leur soif de victoire, et visent comme l’an passée au moins deux titres, une coupe, et un septième titre en Ligue 1 : « nous sommes le candidat le plus sérieux à notre propre succession, c’est logique » confiait Alain Perrin ce week-end. Des départs certes, mais un recrutement intéressant, pas totalement clos, et une équipe où les « remplaçants » vont pouvoir pleinement s’exprimer cette saison ce qui n’enlève rien à la qualité du groupe champion de France la saison passée.

Alors pourquoi pas ? Pourquoi pas croire en cette équipe ? C’est peut-être cette année, où la rivalité est la plus présente (avec Marseille notamment), où les doutes et les interrogations sont les plus importants à propos du club et de l’équipe, des choix en général, que Lyon va sortir ses griffes, et montrer que plus que jamais, il a encore faim, très faim...