21 Février 2012 : Naples-Chelsea : les notes du match

La saison de Chelsea ne tient plus qu’à un fil. Déjà hors de la course pour le titre en Premier League et éliminés de la Carling Cup (ils restent en course en FA Cup avec un replay à disputer en 1/8e de finale contre Birmingham City), les Blues ont fortement compromis leurs chances en Ligue des Champions en s’inclinant face à Naples (3-1, 1/8e de finale aller). Sans imagination, les Londoniens n’ont jamais vraiment semblé capables de prendre les rênes de la rencontre et de l’emporter ce soir.

Logiquement, ils ont donc cédé sous les coups de boutoir d’une écurie napolitaine inspirée par le duo Ezequiel Lavezzi-Edinson Cavani. Le premier, auteur d’un doublé (38e et 68e), a justifié en une heure et quart l’intérêt que lui portent tous les cadors du Vieux continent. L’Argentin aurait même pu inscrire un triplé s’il n’avait pas trop croisé un autre de ses tirs (55e). Le second, avec un but (45e 2) et une passe décisive (68e), a balayé tout le front de l’attaque comme il sait si bien le faire.

En s’appuyant sur ses deux hommes, les protégés de Walter Mazzarri peuvent viser loin. Il leur faudra tout simplement mieux maîtriser les matches dans leur ensemble et corriger les quelques erreurs d’inattention en défense. Toutefois, le but inscrit par Juan Manuel Mata (27e) laisse une touche d’espoir à Chelsea. Stamford Bridge poussera-t-il, dans 3 semaines, le onze d’André Villas-Boas vers un exploit ? La fin de saison de Didier Drogba et ses partenaires en dépend...

L’homme du match : Ezequiel Lavezzi (8) : en jambes, il Pocho a été le détonateur du jeu des Italiens. Techniquement très fin et très vif balle au pied, il a sans cesse mis l’arrière-garde de Chelsea en difficulté sur ses provocations. Il s’est même offert le luxe d’inscrire un superbe but d’une frappe enroulée du droit à l’entrée de la surface (38e) puis un autre face au but vide après un bon travail de Cavani (65e). Il a malheureusement raté une occasion en or d’enfoncer un peu plus le clou (55e), croisant trop sa tentative. Remplacé étonnamment tôt par Dzemaili (74e). Ce dernier s’est rendu précieux par sa capacité à faire tourner le cuir.

Naples :

De Sanctis (6) : si le portier italien n’a rien pu faire sur le but de Mata (27e), il est apparu fébrile par ailleurs en première mi-temps à l’image de sa sortie aérienne ratée, heureusement sans conséquence, sur corner devant David Luiz sans conséquence (36e). Bien plus convaincant au retour des vestiaires avec plusieurs arrêts devant Malouda (51e), Mata (54e, 58e) et Lampard (90e).

Aronica (6) : le défenseur central s’est montré sérieux et appliqué dans l’axe, compensant bien les montées de Zuniga. Intervention décisive devant Drogba (60e).

Cannavaro (4,5) : le frère Fabio n’a pas été à la fête durant les quarante-cinq premières minutes. Sa grossière erreur plein axe a provoqué l’ouverture du score de Mata (27e). Quelques minutes plus tard, il s’est jeté naïvement devant Ramires, concédant une grosse occasion (41e). Plus inspiré lors du second acte, il a effectué plusieurs interventions importantes.

Campagnaro (6,5) : confronté à un beau bébé en la personne de Didier Drogba, il a tenu la comparaison dans la dimension physique du duel. Le choc aérien en début de match (6e) a illustré ce beau combat. Très bon dans ses relances longues, il initie l’action du (3-1) en lançant Cavani.

Maggio (5,5) : il a gambadé à souhait sur tout le flanc droit, se procurant, à la conclusion d’une montée rageuse, une énorme situation de but sur une frappe croisée, déviée par Cech (17e). Solide défensivement. Demandez à Malouda.

Zuniga (5) : très actif sur la gauche en début de match, il n’a pas toujours été heureux dans ses transmissions. Le Colombien a ensuite eu pas mal de boulot face à un Sturridge très à l’aise balle au pied et il s’en est plutôt bien sorti.

Inler (7) : le Suisse s’est révélé être le véritable métronome de cette formation napolitaine. À l’aise aussi bien dans le jeu court que le jeu long, le milieu de terrain a été un rouage essentiel dans la transition défense/attaque, en témoignent sa superbe ouverture pour Cavani (10e) et sa passe décisive pour le même Cavani (45e 2). Une frappe au-dessus à signaler (46e).

Gargano (6,5) : l’Uruguayen a été particulièrement précieux dans le duel physique, l’agressivité et le pressing face à un milieu londonien très dense. Il a également brillé par ses décalages, comme cette belle passe pour Maggio (16e) qui aurait pu s’avérer décisive. À noter également une belle frappe (64e).

Lavezzi (8) : voir ci-dessus

Hamsik (5,5) : considéré à juste titre comme l’un des éléments les plus talentueux du onze de Walter Mazzarri, le Slovaque s’est montré bien trop discret en première période. Bien plus impliqué par la suite dans la conservation du ballon notamment, il a failli être décisif en donnant un ballon de but que Maggio ne convertissait pas (81e). Remplacé par Pandev (82e). Le Macédonien ne s’est procuré qu’une seule situation (84e).

Cavani (7,5) : toute la panoplie de l’attaquant moderne y est passée. Tantôt dévoreur d’espaces à la limite du hors-jeu, tantôt renard des surfaces, tantôt artificier (9e, 49e, 56e), tantôt passeur inspiré (décalage pour Lavezzi 55e, offrande décisive pour le même Lavezzi 65e) : le buteur de la Celeste a prouvé qu’il était l’un des meilleurs à son poste en Europe, avec un but très important (45e 2) et une prestation de classe. Averti 39e.

Chelsea :

Cech (6) : certes, le portier tchèque a encaissé trois buts. Mais, abandonné par une défense loin d’être exempte de tout reproche, le gardien de but n’a pas à rougir de sa prestation, réalisant quelques belles parades devant les attaquants napolitains.

Ivanovic (5,5) : l’un des rares défenseurs londoniens à surnager. Un poil plus tranchant que ses coéquipiers sur le plan défensif, il a eu le mérite de se battre, tentant même de prendre son couloir pour apporter des solutions offensivement, avec notamment une belle chevauchée peu avant la mi-temps.

Cahill (4) : la recrue hivernale des Blues n’a pas montré grand-chose à Naples. Incapables de trouver les solutions devant les attaquants napolitains, le joueur a été mis en difficulté comme bon nombre de ses partenaires, se faisant bousculer.

David Luiz (4) : tout comme Cahill, le Brésilien est passé à côté de son sujet dans cette partie. Ne s’imposant que très rarement, il a perdu de nombreux duels, comme notamment sur le troisième but napolitain, où son intervention n’a guère été tranchante.

Bosingwa (non noté) : 12 minutes de jeu et puis s’en va, le Portugais ne sera pas resté longtemps sur le terrain, terrassé par une blessure. Remplacé par Cole (4,5) : à l’image de ses coéquipiers, l’international anglais n’a guère brillé dans cette partie, se montrant loin de son niveau d’antan. À noter tout de même une intervention sublime en fin de match, sauvant les siens d’un quatrième but d’un tacle sur sa ligne.

Meireles (4) : l’international lusitanien a lui aussi été bien en deçà de son niveau réel. Souvent approximatif dans ses interventions, il a commis quelques fautes grossières et s’est montré dépassé par les événements, avec parfois un marquage des plus lâches sur les joueurs napolitains. Remplacé par Essien (70e).

Ramires (6) : il a semblé avoir du mal à se positionner parfois, mais a tout de même fait le métier. Prudent du fait de l’apathie défensive de ses coéquipiers, le milieu de terrain s’est tout de même lâché, montant pour apporter le surnombre, distillant quelques centres et tentant même sa chance sur des tirs. Difficile de lui reprocher grand-chose.

Malouda (4,5) : une bonne entame de match pour l’international tricolore, qui s’est offert quelques chevauchées et de bonnes combinaisons. Un match plus compliqué par la suite, lui qui a baissé de pied comme bon nombre de ses partenaires. Remplacé par Lampard (70e) qui s’est distingué avec notamment un beau tir dans les arrêts de jeu.

Mata (6) : arrivé cet été à Chelsea, l’Espagnol en est déjà l’un des atouts majeurs. Et dans ce huitième de finale de la Ligue des champions, c’est bien lui qui a été le joueur de champ le plus en vue côté londonien. Disponible, il a été à la baguette, avec quelques bons centres à la clé. Récompensé comme il se doit, avec un but inscrit grâce à la complicité d’un Cannavaro pas très inspiré sur ce coup.

Sturridge (4,5) : en forme en cette saison, le gaucher n’a cette fois pas su faire la différence. Peu de bons ballons à se mettre sous la dent, et de rares opportunités mal exploitées, l’attaquant londonien n’a pas été à la hauteur de ce rendez-vous pourtant si important.

Drogba (4,5) : AVB a tranché, et c’est l’international ivoirien qui a été titularisé au détriment de Fernando Torres. Mais le buteur de Chelsea n’a pas vraiment eu l’occasion de se montrer, n’ayant eu aucune véritable occasion de se mettre en évidence.