28 Février 2009 : OM : les malheurs de Zubar

Chaque année, dans pratiquement tous les clubs, les supporters désignent une tête de Turc, qu’ils s’amuseront à conspuer tout au long de la saison. Ces joueurs non désirés par les fans n’ont droit à aucune erreur sous peine d’être pris à partie ou sifflés en permanence. Mateja Kezman commence à en faire les frais par exemple. À l’OM, c’est à Ronald Zubar que les supporters ont attribué le mauvais rôle. Certes, le joueur a montré d’inquiétantes faiblesses et a causé, par des erreurs de relance notamment, quelques défaites au club phocéen.

Les critiques, il connaît cela sur le bout des doigts et n’y prête quasiment plus attention, comme il l’a déclaré à Ouest France. « J’essaye de ne pas me prendre la tête. Je suis à un poste où il y a danger, où on paye cash ses erreurs. Malheureusement, on l’a souvent payé cash après des erreurs de ma part. Je suis assez malheureux, mais il faut faire le dos rond. Je sais que je peux faire de bonnes choses, que je ne suis pas là par hasard. Ça va tourner. » Capable de matches catastrophiques (contre Lyon en Coupe de France) comme de performances remarquables (contre Liverpool), Zubar est devenu la cible favorite des ultras marseillais.

« Je suis aussi dans mon cocon, j’essaye de ne pas faire trop attention aux critiques extérieures. Quand on est à l’OM, il ne faut pas se poser trop de questions et essayer de s’épanouir. Le club n’a pas gagné de titre depuis longtemps, le public le désire et se fait très critique, il ne pardonne rien. Moi depuis le match de Coupe de France à Lyon, on ne me pardonne plus rien, j’essaye de rester concentré sur mon sujet et de prendre ça avec philosophie », affirme-t-il. Sa force mentale est donc à saluer, car beaucoup de joueurs auraient ou ont déjà craqué dans une situation similaire.

Dimanche, Ronald Zubar retrouvera le stade Michel D’Ornano et son ancien club de Caen. L’occasion pour lui de réaliser une performance sans faute, aux côtés d’un ancien banni, Renato Civelli. « Ça devrait bien se passer car on est des bosseurs tous les deux, on ne lâche jamais rien. Il est meilleur que moi de la tête, moi je cours plus vite que lui, j’anticipe plus », explique-t-il. Face à Savidan, Zubar devra se montrer particulièrement vigilant et concentré jusqu’à la dernière minute. L’accueil réservé par les supporters du Vélodrome le week-end suivant en dépend.